Décoration

Quel dosage pour un enduit à la chaux en intérieur ?

Pauline Marchand
Pauline Marchand
août 20, 2026 5 min
Mur blanc recouvert d'enduit chaux applique au rouleau

Réaliser un enduit à la chaux en intérieur demande de respecter des proportions précises entre la chaux, le sable et l’eau. Le dosage varie selon qu’on prépare un corps d’enduit ou une couche de finition, et selon le type de chaux utilisé. Voici les recettes concrètes pour réussir un mortier de chaux stable et respirant.

Dosages d’un enduit à la chaux intérieur : les recettes en volumes

La règle de base d’un dosage enduit chaux repose sur des volumes, pas sur des poids. Un seau sert d’unité de mesure : un volume de chaux pour deux à trois volumes de sable donne un mortier équilibré. Cette proportion change légèrement selon la couche appliquée et la nature du liant.

Dosage pour le corps d’enduit (dégrossi)

Pour le corps d’enduit, aussi appelé dégrossi, la recette classique associe 1 volume de chaux hydraulique naturelle (NHL) pour 3 volumes de sable 0/4. Cette couche, épaisse de 10 à 15 mm, doit accrocher fermement au support tout en restant poreuse. Avec une chaux aérienne (CL), on privilégie plutôt un dosage à 1 volume de chaux pour 2,5 volumes de sable, car son temps de prise est plus long et demande un mélange légèrement plus riche en liant.

Dosage pour l’enduit de finition

L’enduit de finition se prépare avec un sable plus fin, en granulométrie 0/2, pour obtenir une surface lisse. Le dosage courant est de 1 volume de chaux pour 2 volumes de sable, que la chaux soit aérienne ou hydraulique légère (NHL 2). Cette couche, appliquée en 3 à 5 mm d’épaisseur, se travaille au talochage pour un rendu régulier avant coloration éventuelle.

CoucheType de chauxProportion chaux/sableGranulométrie sable
Corps d’enduitNHL1 / 30/4
Corps d’enduitCL (aérienne)1 / 2,50/4
FinitionNHL 2 ou CL1 / 20/2

Chaux aérienne ou chaux hydraulique : laquelle choisir pour l’intérieur ?

La chaux aérienne (CL) durcit uniquement au contact de l’air et convainc pour les finitions intérieures grâce à sa blancheur et sa souplesse. Elle reste souple longtemps, ce qui facilite le talochage et les badigeons décoratifs, mais son séchage lent impose de la patience entre les couches.

La chaux hydraulique naturelle (NHL), elle, prend aussi au contact de l’eau et durcit plus vite. Une NHL 3,5 ou NHL 5 convient bien pour le corps d’enduit sur un mur en pierre ou en terre crue, car elle offre une meilleure résistance mécanique tout en restant respirant. Pour une pièce humide comme une salle de bain, on choisira une NHL plutôt qu’une CL pure.

Le bon sable pour un enduit à la chaux intérieur : granulométrie et qualité

Grains de sable fin et grossier sur surface blanche

Le sable conditionne autant la réussite de l’enduit que la chaux elle-même. Un sable de rivière ou de carrière lavé, sans argile ni impuretés, garantit une bonne accroche et évite les fissures. La granulométrie 0/4 convient au corps d’enduit, tandis que le 0/2, plus fin, sert à la finition pour un aspect lissé.

Un sable trop fin partout donnerait un enduit fragile et sujet aux microfissures, tandis qu’un sable trop grossier en finition empêcherait un talochage propre. Le choix du sable doit donc suivre la logique des couches, du plus grossier vers le plus fin.

L’erreur qui fissure tout : un séchage trop rapide
Un enduit à la chaux qui sèche trop vite en surface (chauffage, courant d’air, plein soleil) se fissure avant d’avoir carbonaté correctement. Il faut humidifier le mur les jours suivant l’application et éviter toute source de chaleur directe pendant au moins une semaine.

Gâchage et préparation du mélange : les étapes clés

Le gâchage se fait à sec dans un premier temps, en mélangeant la chaux et le sable jusqu’à obtenir une teinte homogène. L’eau s’ajoute ensuite progressivement, en petite quantité, jusqu’à obtenir une pâte souple qui tient sur la truelle sans couler. Un malaxeur électrique facilite le travail pour de grandes surfaces, mais un gâchage manuel reste possible pour de petites réparations.

La consistance idéale ressemble à celle d’une pâte à tartiner épaisse : ni trop liquide, ni trop sèche. Un mortier trop humide se rétracte fort en séchant et fissure, tandis qu’un mortier trop sec adhère mal au support.

Application de l’enduit : humidification, gestes et nombre de couches

Avant toute application, l’humidification du support est indispensable : un mur sec absorberait trop vite l’eau du mortier et empêcherait une bonne prise. On mouille la paroi à l’éponge ou au pulvérisateur, sans excès, jusqu’à ce qu’elle soit fraîche au toucher sans ruisseler.

L’enduit s’applique en plusieurs couches. Le gobetis, fine couche d’accroche projetée, précède le corps d’enduit, lui-même suivi de la couche de finition. Chaque couche doit sécher partiellement avant l’application de la suivante, en respectant un délai d’au moins 24 à 48 heures selon l’épaisseur et l’humidité ambiante.

Finitions et coloration de l’enduit à la chaux

Mur enduit avec taloche créant texture lisse et grain rustique

Le talochage donne à la finition son aspect final, plus ou moins lisse selon la pression et le mouvement de la taloche. Pour une texture plus rustique, on peut laisser un grain plus marqué en travaillant à l’éponge humide.

La coloration s’obtient en incorporant des pigments naturels directement dans le mortier de finition, ou en appliquant un badigeon de chaux teinté une fois l’enduit sec. Ces pigments, minéraux de préférence, résistent bien à la lumière et préservent le caractère respirant du mur, contrairement aux peintures acryliques qui bloqueraient les échanges d’humidité.

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